Humanisme et Lumieres

Get Adobe Flash player

Culture et Intégration

Culture et intégration
I. Ouverture Musicale
Loïc LAFONTAINE
13 février 2013
2
e travail que j’ai l’intention d’effectuer et d’exposer dans ces quelques pages se présente sous
une forme légèrement différente de ceux dont j’ai pu apprécier la qualité depuis que j’assiste aux
travaux du Cénacle. Non pas par envie de me différencier, mais suite à plusieurs constats : celui
tout d’abord que mon expérience personnelle et mes connaissances restent à enrichir ; que je ne fais
que commencer à entrevoir l’immensité des champs philosophiques qui s’ouvrent à moi depuis que je
m’intéresse de près à ces notions et qu’il me reste un long chemin à parcourir avant de commencer à les
maitriser ; et enfin qu’entre réflexion spéculative et travail opératif, mon parcours personnel a
majoritairement été orienté vers le second domaine, par un besoin de concrétisation de mes réflexions
et d’immersion dans le réel.
Alors s’il est vrai que je n’appréhende que depuis peu les pensées de Socrate, Épictète, Rousseau,
Kant, Pascal, Descartes et bien d’autres (pour ne citer que ceux dont ma sensibilité personnelle et mes
lectures me rapprochent en ce moment), ma vie professionnelle et mon choix d’une implication active
dans la recherche d’amélioration de l’homme et de la société m’offrent de multiples opportunités de
traduire dans la réalité mes aspirations philosophiques.
C’est ainsi que j’ai souhaité traiter de Culture et plus précisément de la diffusion de la culture
comme lien entre les hommes, de la culture comme levier d’élévation, d'intégration, et ce de la manière
la plus opérative possible en développant pierre par pierre un projet dans le cadre de mes activités
professionnelles ayant pour finalité la concrétisation de l’action ; à terme j’espère réunir matière à
compilation des expériences me permettant de rédiger un ouvrage afin de diffuser les lumières
acquises. Ma première tâche étant de présenter ce travail, sa genèse, ses contours au sein du Cénacle,
j’ai opté pour ce premier travail pour le titre «culture et intégration, phase 1 : ouverture musicale», afin
de symboliser l’ouverture sous tous ses aspects, en passant de l’ouverture d’un projet, d’un chantier à
l’ouverture d’une porte, d’une fenêtre qui donne accès à un autre monde, sans oublier l’ouverture aux
autres, et parce qu’afin de ne pas affronter d’emblée un trop grand chantier, j’ai volontairement limité
dans un premier temps mes recherches à mon principal domaine d’expertise, la musique, avec l’envie
de l’élargir à d’autres domaines par la suite.
J’ai choisi d’effectuer cette première étape du chantier en cinq points : tout d’abord présenter ce
travail et expliquer dans quel cadre je pense pouvoir le développer ; dans un deuxième temps expliquer
ses origines, les motivations qui m’ont poussé à m’intéresser à ce domaine ; je souhaite ensuite
apporter un éclairage humaniste sur le travail à effectuer avant de détailler en quatrième partie le
projet sous son aspect opératif ; enfin en dernière partie je vais essayer d’éclairer le lecteur sur
l’avancement du projet à ce jour et sur les pistes en cours d’étude.
Avant de pousser plus loin mon propos, je me dois d’évoquer la pensée d’Aimé Césaire qui illustre
à la perfection mon intérêt vis à vis de ce thème : L’homme de culture doit être un inventeur d’âmes.
L
3
I. Présentation
Si je crois inutile au sein du Cénacle de détailler mes aspirations et motivations humanistes – elles
expliquent à elles seules ma présence au sein de ce groupe et sont un des thèmes fondateurs qui nous
rassemble – il me faut néanmoins préciser quel est mon parcours professionnel : j’ai la chance d’avoir
trouvé l’opportunité d’exploiter pleinement une double formation artistique (pianiste concertiste)
complétée par une formation générale supérieure (études jusqu’à la fin de l’université en gestion &
administration). Ces deux voies complémentaires sont extraordinairement utiles dans le cadre de mes
activités professionnelles puisque je suis responsable au sein d’une grande marque de pianos de la
gestion des partenariats et des relations avec les artistes et festivals en Europe, poste qui mêle
étroitement qualités artistiques musicales poussées avec de réelles capacités d’organisation, de gestion
administrative et de créativité commerciale. C’est ainsi que la culture en général et la musique en
particulier, se retrouvent être le fil rouge de mon quotidien professionnel qui, s’il a certes entre autres
objectifs celui, commercial, d’aider la marque à vendre des instruments de musique, a aussi et surtout
comme conséquence de développer la pratique instrumentale, populariser la musique, diffuser d’une
certaine manière la culture au plus grand nombre.
J’ai ainsi souhaité dépasser l’aspect initialement commercial de mes activités pour leur conférer
une utilité, un sens, un humanisme utile générateur d’amélioration de l’homme et de la société, dans la
mesure du possible à mon niveau et selon mes moyens. Tout en remplissant pleinement mes missions
au sein de l’entreprise, je compte développer au maximum l’humanisme de mes fonctions. Ainsi me
suis-je posé la question de comment rendre la culture accessible à tous et au delà comment faire de la
culture un levier efficace pour élever l’homme, le faire s’intégrer au groupe, d’où le choix du titre
« Culture et Intégration » qui, s’il n’est que provisoire à ce jour et sera susceptible d’évoluer au fur et à
mesure de mes travaux, montre la direction initiale de ma réflexion.
A titre personnel, ce travail est un moyen pour moi de répondre à la question : comment traduire
concrètement, au quotidien, son engagement humaniste ? Question que je me pose régulièrement et à
laquelle je dois constamment répondre depuis que j’ai accepté certaines responsabilités dans le cadre
de mon engagement humaniste. Ce en quoi j’ai tendance à répondre que l’humanisme d’opinion ne
vaut que s’il est accompagné d’un humanisme d’action – à défaut d’un humanisme militant – et je crois
qu’il est plus que temps pour moi de franchir un degré supplémentaire dans cette direction. quelques
bonnes actions éparpillées pour se donner bonne conscience ne valent pas une action de fond, discrète,
raisonnée, maîtrisée, efficace, pérenne et transposable.
4
II. Origines
L’idée et l’envie de traiter ce sujet sont indissociables de l’effet qu’a eu sur moi la découverte de la
biographie du célèbre homme des lumières qu’est Joseph Bologne de St George, dit « Chevalier de St
George ». Antillais noir né esclave en Guadeloupe en 1747, il n’a à ce titre aucun état civil détaillé, à une
époque où l’esclave noir n’est pas considéré comme un citoyen, comme un être humain mais comme
une marchandise, il n'a de passé ni individuel ni collectif, ne détient aucun patrimoine ni foncier, ni
financier, ni culturel, son destin étant de mourir là où il est né sans perspective de changement de statut
social. Joseph Bologne de St George deviendra pourtant une figure éminente de l’émancipation des
esclaves et sera reconnu comme un éminent compositeur classique renommé – contemporain de
Mozart – dont l’oeuvre ne fait que depuis très récemment l’objet de redécouvertes massives.
Souvenons-nous que dans le domaine musical, d’autres illustres exemples de génies oubliés
redécouverts par la suite sont légion, tels Jean Sébastien Bach, totalement oublié après sa mort avant
que son travail ne soit redécouvert des années plus tard par Félix Mendelssohn puis remis au goût du
jour avec le succès que l’on connait aujourd’hui. Au vu des récentes découvertes le concernant et de la
programmation grandissante de ses compositions en concert, nul doute que l’oeuvre du Chevalier de St
George prend cette même direction. Il mourra en 1799 après avoir eu une extraordinaire carrière
artistique, sportive et militaire.
Le parcours de St George m’interpelle en ces temps où il semble, il semblerait, que « l'ascenseur
social » ait quelques ratés ou en tout cas soit moins accessible que par le passé. Je rencontre beaucoup
de résignation quand à la possibilité de s’émanciper de son statut social d’origine pour accéder à
d’autres sphères, ce qui – toutes proportions gardées naturellement – me renvoie au contexte, tout du
moins au ressenti, de St George.
Nul doute que ses activités diverses et variées, notamment culturelles, musicales, ont permis son
émancipation de son milieu d’origine et, plus encore, lui ont permis de jouer un rôle actif dans la
généralisation de cette émancipation au plus grand nombre, dans la mesure où il a activement milité
tout au long de sa vie pour l’abolition de l’esclavage. Nul doute qu’une démarche similaire permettra à
ceux qui, quelles qu’en soient les raisons, auront été d’une manière ou d’une autre été oubliés, délaissé
ou dépassés au sein de la société, de trouver, retrouver une place plus apte à leur épanouissement, de
s’intégrer ou se ré-intégrer au sein de la société et feront d’eux de nouveaux mailons de l’humanisme.
5
III. Humanisme
Un ami très cher m’a un jour évoqué un parallèle entre culture et agriculture. S’il existe multitude
de termes pour définir les propriétés d’une terre (meuble, dure, fertile, aride, sèche, humide, argileuse),
il n’existe que deux notions pour qualifier l’état de cette terre à un moment donné : cultivée ou en
jachère, c’est à dire travaillée – par la main de l'homme, par un savoir-faire, une tradition, des
techniques, des outils – ou non.
Il en va de même pour l’homme qui malgré toutes les différences que l’on peut vouloir considérer
a priori (notions de capacités innées, nature, intelligence, environnement, milieu social) se détermine
par le travail qui est effectué (l’acquis) entre autres par l’éducation et la culture. Le maître mot est donc
toujours et encore le travail, le plus précoce possible dès l’enfance certes, mais aussi tout au long de la
vie par un travail perpétuel sur soi afin de continuer à se cultiver et se construire – dans tous les sens
des termes – soi-même. Cette image agricole renvoie l’individu face à lui-même et face à sa propre
volonté de s’améliorer, d’effectuer le travail nécessaire en ce sens. Car sans volonté point de travail,
sans travail point de progression.
Je souhaite ici insister sur la complète dissociation que j’opère entre la notion de travail et celle de
contrainte : si le travail est évidemment important je ne le vois pas comme une oppression ! Par
exemple l’enfant qui apprend à parler au contact de ses parents et de ses premiers professeurs fournit
un travail considérable et pourtant n’a pas l’impression de « travailler ». C’est pour lui un jeu, il apprend
en jouant, en se faisant plaisir. Cette notion de plaisir me semble indispensable pour rendre la culture
attrayante, naturelle, automatique, facile, quotidienne. C’est ainsi à « l’enseignant » (au sens large
« émetteur d’enseignement » du terme) de fournir le plus gros travail afin de rendre le « travail » le plus
évident et naturel possible pour le plus grand bénéfice de « l’apprenant ».
Un des premiers devoir de l’enseignant est de mettre à disposition de l’apprenant les outils
nécessaires, tant au niveau du contenu que du contenant. Il est à ce sujet fréquent d’entendre par
exemple qu’Internet tue la culture (plus personne ne sait écrire !), plus personne ne ferait l’effort de se
construire une culture et se contenterait de consommer ce sur quoi il tombe au petit bonheur la chance.
Ce serait oublier bien vite que quelques années plus tôt la télévision devait déjà tuer la culture puisque
plus personne n’allait se parler, que le télégraphe allait tuer la culture (plus personne n’utilisait de
phrase complète), tout comme la presse écrite (plus personne n’allait penser), l’imprimerie (plus
personne n’allait se souvenir de rien), et cætera. Ces vieux débats sont à mon sens aussi dépassés que
celui prétendant qu’Internet va tuer quoi que ce soit : il ne s’agit que d’un outil, à nous de déterminer
comment nous servir au mieux.
6
Et en l’espèce, si la plupart des enseignes commerciales ont, elles, parfaitement compris comment
faire (malgré les contre-exemples notables que sont l’industrie du disque et la presse écrite – alors que
paradoxalement le livre papier conserve encore quelques beaux jours devant lui), le monde de la culture
– et de l’éducation – se doit d’en faire autant et trouver les meilleures utilisations possibles des
technologies afin d’atteindre les objectifs souhaités. Alors que les enseignes commerciales se
renouvellent constamment pour vendre toujours plus, une impression de moindre réactivité se dégage
des milieux culturels, comment s’ils avaient des schémas prédéterminés dans lesquels faire rentrer leur
public, plutôt au contraire d’adapter leur fonctionnement à leur public. Dans ce domaine mon ambition
ne sera en aucun cas de faire du sujet une analyse scientifique, pédagogique, sociologique ou
philosophique mais bel et bien de revenir au coeur de nos préoccupations et d’orienter la réflexion sur
son aspect humaniste. Outre l’avantage de donner un autre éclairage sur la question pour se
débarrasser des passions naturelles inhérentes aux experts de tel ou tel domaine, j’entends par là
placer, j’ose dire replacer, l’homme au centre de la réflexion. J’espère faire abstraction des traditions,
certitudes, dogmes, techniques, méthodes qui, si elles ont été développées de la manière la plus
scientifique possible et avec la meilleure foi possible, aboutissent malgré tout parfois à un nivellement
de l’individu – et qui dit nivellement veut rarement insinuer nivellement par le haut – et par conséquent
nient très exactement ce qui fait l’individualité, l’essence, la particularité de l’individu.
Qui veut parler d’intégration présuppose qu’il faut lutter contre un risque d’exclusion. En matière
sociale, en matière culturelle (ce qui revient souvent au même), l’exclusion peut provenir de nombreux
facteurs : professionnel, financier, éducatif, physique (handicap qui ne permet pas de circuler
librement), et chacun de ces facteurs bâtit un mur qui peut bloquer l’accès à la culture et entraver le
développement harmonieux de l’individu. Cet épanouissement par la culture se transpose tout aussi
bien par le sport, qui n’est finalement qu’une autre forme de culture, physique.
Comment adapter la culture aux nouvelles technologies, et par la même occasion comment faire
en sorte que personne ne soit laissé en retrait, la réponse à cette question est un facteur primordial
pour la diffusion du savoir. Il est ainsi tout aussi important de garantir l’accès au plus grand nombre à la
culture qu’il est important, indispensable, d’améliorer l’accès physique aux lieux et emplois aux
personnes atteintes de handicaps en général, tout comme il est indispensable de faire en sorte qu’un
citoyen de Seine-et-Marne ne mette pas trois heures à relier un point A à un point B en Île-de-France –
problématique identique en province dans les zones rurale, aménagement harmonieux du territoire au
sens large du terme se conjugue avec humanisme. La diffusion de la culture dans une pensée humaniste
est à mes yeux un pan essentiel de l’aménagement du territoire. Je pourrais résumer ceci par une
phrase du genre : de la difficulté de parler d’humanisme dans un monde qui a tendance à le penser
comme une coquetterie non prioritaire.
7
IV. Projet opératif
Plus concrètement, en quoi ce projet se veut-il opératif ? De quels moyens puis-je bénéficier pour
avancer sur ce projet ? Dans le cadre de mes activités professionnelles j’ai à ma disposition des moyens
matériels (principalement des pianos) qui me permettent de conclure des partenariats avec des artistes
et institutions culturelles. Celles-ci peuvent être des festivals, salles de spectacle, conservatoires,
directions des affaires culturelles ou même musées (nous avons un partenariat remarquable avec le
musée d’Orsay). Si initialement mon rôle ne consiste « qu’à » placer ces instruments afin de les rendre
visibles en termes de retombées médiatiques et image qualitative, j’ai entière liberté sur le choix des
partenaires et des contreparties qui leur sont demandées. Je fréquente ainsi au quotidien de nombreux
acteurs culturels et me trouve dans une situation qui, si elle n’est à aucun niveau décisionnaire sur leurs
choix propres (d’artistes, de programmation, de politique tarifaire, etc.), me permet au moins d’exposer
et de défendre mes opinions et échanger sur des thèmes variés.
Dans le cadre de ces activités je dois avouer fréquenter majoritairement des milieux relativement
aisés, ce qui paraît être une évidence quand on connaît le prix d’un piano, sans parler du prix des places
de spectacles dans des lieux prestigieux comme le théâtre des Champs-Élysées ! Toutefois, j’attache une
importance fondamentale à permettre l’accès de l’ensemble de la population à ce type d’activités. J’ai
ainsi permis le développement d’actions visant à programmer des concerts gratuits, ou encore
développer des festivals en milieu rural qui ne s’adresse pas uniquement aux touristes de passage mais
aussi et surtout aux populations locales régulièrement délaissées par ce type d’activités. Sans être
organisateur de la manifestation en elle-même, le simple fait de soutenir l’événement soit
financièrement soit par l’intermédiaire de la mise à disposition d’instrument leur permettant de faire
d’importantes économies (et permettant à la marque d’être mise en avant lors des spectacles), je peux
ainsi permettre à des projets de voir le jour par une aide sans laquelle ils resteraient à l’état de projets.
Je souhaite donc dans le cadre de ce chantier, dans le cadre d’une réflexion structurée, orienter
mes choix afin de mettre toutes les énergies en oeuvre dans la même direction, agir en symbiose entre
différentes structures pour mettre l’homme (et non le piano, telle structure ou tel organisation, mais bel
et bien l’homme) au centre de la réflexion.
8
V. Avancement du projet
A ce jour j’ai la chance d’avoir pu avancer expérimentalement dans plusieurs directions :
- Mise en place d’un partenariat avec l’École Normale Supérieure, dans le cadre d’un projet
d’échange entre un lycée de Sarcelles au sein duquel certains élèves extraordinairement motivés
obtiennent des résultats remarquables. Ces élèves très doués pâtissent d’un environnement et
de conditions de travail déplorables et malgré tout ils trouvent le moyen de travailler, de très
bien travailler, d’apprendre, ils arrivent à se concentrer, obtiennent de bons résultats,
indépendamment des origines sociales de leurs parents et de leur environnement direct. Une
expérience sera menée courant 2013-2014 avec ces étudiants afin de non pas les inviter à
participer aux actions de l’ENS à Paris, mais au contraire de faire venir ces actions (organisation
de concerts classiques et échanges avec les musiciens) chez eux au coeur de Sarcelles pour leur
montrer qu’ils peuvent aussi créer et développer ce type de projets sur place, que si
l’environnement est un désert culturel c’est aussi parce qu’en la matière, tout comme dans une
autre institution philosophique qui nous est chère, on y trouve ce que l’on y apporte à
commencer par soi-même et que c’est en premier lieu à eux de prendre leurs responsabilités.
Les premiers contacts sont extraordinairement prometteurs et l’action semble bien lancée.
- Partenariats avec plusieurs festivals dont le festival 1001 notes dans la région de Limoges qui
ouvre certains concerts gracieusement et touche principalement un public originaire du milieu
rural qui n’a pas l’habitude d’assister à ce genre de manifestation ; les résultats en terme de
satisfaction, d’émerveillement et d’assiduité sont très positifs. Sans oublier que ce genre
d’événement ouvre une nouvelle activité de nature à faire vivre la région et le groupe social
local, alors que pour l’instant les principales activités communes étaient le marché et/ou l’église
(les mariages & enterrements, etc.). Le caractère profondément laïc de la démarche ne peut
qu’être bénéfique à l’ambition humaniste.
- Partenariat avec la fondation des Banques Populaires qui soutient financièrement de jeunes
artistes pour leur permettre de travailler dans de meilleures conditions pendant 3 ans, avec en
contrepartie la participation à des oeuvres sociales et caritatives ; cette fondation engage par
ailleurs des actions dans le domaine du handicap (un handicapé qui a pu financer sa formation et
devenir un important luthier d’art, autre exemple notable : la fondation a financé l’an dernier la
formation du 1er pilote d’avion en fauteuil roulant au monde à obtenir sa licence de pilote civil lui
permettant d’exercer professionnellement).
- Partenariats divers avec l’Unesco au travers du programme d’artistes ambassadeurs pour la paix.
9
Si l’ensemble de ces expérimentations a pu d’ores et déjà montrer de réels points positifs, je souhaite
également à l’avenir développer d’autres activités et surtout leur trouver une cohérence d’ensemble.
- J’ai par exemple l’intention d’élargir à terme le concept de la seule musique à une conception
beaucoup plus large de la culture ; à ce titre le partenariat en cours avec le musée d’Orsay ouvre
des pistes intéressantes, d’autres établissements similaires (Louvre, centre Pompidou, petit
palais, etc.) sont d’autres pistes valables, avec pour objectif d’élargir l’accès de la culture au sens
large au plus grand nombre.
- Plusieurs expérimentations d’activités culturelles en milieu pénitentiaire ont été menées et si le
recul est encore trop court pour tirer des conclusions convaincantes, il semble que les résultats,
à défaut d’être encore significativement positifs, soient prometteurs. En tout état de cause, il
semble évident que ce n’est pas la bonne solution que de laisser les détenus livrés à eux-mêmes
sans encadrement ni activités en mesure de leur facilité l’épreuve de réinsertion et un intérêt
pour un retour à une vie civile pacifiée ; je compte donc encourager les initiatives en ce sens, à
l’image de ce que certains festivals commencent à développer (est-ce à dire que la musique
adoucirait vraiment les moeurs ?).
L’humanisme m’apparaît comme le meilleur moyen d’éviter tout éloignement, toute mise à
l’écart, toute négation d’autrui. L’ensemble de ces actions aura donc pour but de lutter contre toute
forme d’exclusion pour une bonne intégration de chacun dans l’édifice et qu’est ce que la culture sinon
un fabuleux ciment entre individualités, origines et générations pour construire une société meilleur et
plus éclairée ?
A terme, la rédaction d’un ouvrage dès que la densité des informations recueillies et de leur
analyse le permettra me semble une étape importante car si la rédaction d’un ouvrage sur ce thème
sera pour moi une immense satisfaction, je ne considère en rien cette étape comme un aboutissement :
ce serait au contraire à partir de là, après un immense travail, que tout ne ferait que commencer car il
faudra alors tenter de diffuser au dehors les lumières acquises.
10
our conclure, ce présent texte n’est qu’un point de départ. Aux antipodes d’un travail abouti,
même loin encore d’une simple introduction, ces quelques lignes se veulent être un premier
coup de pioche sur un sol inconnu avant d’y poser la première pierre, un questionnement
permettant de délimiter les bases d’une problématique et envisager les contours du sujet, l’ouverture
d’un projet au sein d’un laboratoire de recherche sur l’humanisme.
Pour reprendre la devise d’une association qui m’est chère, « être ensemble », je ne conçois pas
m’atteler à cette tâche dans la plus parfaite solitude et remercie le Cénacle de la tribune qu’il m’accorde
pour présenter et construire mon projet, en espérant revenir régulièrement pour faire état des
avancées, échecs, réalisations et nouveaux développements. Et à ce titre, tous vos commentaires,
remarques, suggestions, contacts, bibliographies, références, expériences, seront les bienvenus avec un
immense bonheur et une grande reconnaissance.
Je laisse le mot de la fin à un illustre personnage (un long-métrage qui lui est d’ailleurs consacré et
que je vais m’empresser de voir est depuis peu à l’affiche), je veux parler d’Abraham Lincoln : Si vous
croyez que la culture coûte cher, essayez l’ignorance.
 
 

Copyright © 2016. All Rights Reserved.