Notre société est devenue dure, l’humain semble y perdre de plus en plus de sa valeur. Une appréciation optimiste de la situation peut considérer que nous vivons l’accouchement, dans la douleur, d’une nouvelle ère de l’anthropocène, d’un nouveau monde dans lequel est en train d’éclore une conscience collective, une humanité consciente d’elle-même.
Oui, sans doute, mais l’important c’est le sens des valeurs, qui règneront dans ce conscient collectif. L’humaniste ne peut qu’espérer l’avènement d’une conscience universelle, animant l’ensemble de l’humanité. Mais il sait que la conscience humaine recèle potentiellement autant de violence que de pacifisme, et qu’il est essentiel que l’être humain ait été habitué par son éducation et sa culture, à se rallier de préférence aux solutions pacifiques plutôt qu’à la violence. Or, dans l’actualité la valeur qui semble prendre le pas et se mondialiser, ce n’est pas la tolérance recherchant la relation pacifique selon l’humanisme universaliste ; c’est le culte de la puissance assurant la domination, par la force de l’argent et des armes.
Beaucoup se demandent s’il faut bien revenir à l’humanisme ? À des valeurs de la Renaissance et du 18ème siècle ? Alors que le monde évolue, valorise la culture marchande et la libre concurrence ! En même temps l’idéal d’un savoir sans frontières, est rendu caduc par la compétition économique mondiale. Et l’humanisme est un courant très minoritaire !
Même sachant qu’il est minoritaire, l’humaniste reste convaincu que l’avenir de l’humanité sera meilleur, si les valeurs de l’humanisme entrent dans le conscient collectif. Malheureusement, l’humanisme est mal compris et dévalorisé, voire carrément renié. Cette évolution est particulièrement sensible chez les jeunes, de plus en plus attachés à des communautés, voire à des tribus postmodernes, et attirés par la violence. On peut penser qu’il y a là un effort à faire dans le domaine de l’éducation. L’idée serait de faire évoluer le système éducatif pour donner à la jeunesse une meilleure préparation, à la vie dans une société démocratique. Cela incite à plaider « pour une éducation humaniste »[1].
Il s’agirait de mettre au clair des principes humanistes d’éducation, d’identifier les influences politiques et sociétales qui, même en démocratie, s’exercent sur l’Enseignement et le dévoient, enfin tenter de voir plus large, pour rechercher les voies susceptibles d’engendrer dans notre démocratie, une évolution vers une société humaniste par l’éducation.



