Humanisme et Lumieres

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Remarques sur la libre circulation des hommes

Remarques sur :

La libre circulation des hommes

La réflexion sur la libre circulation des hommes a évoqué pour moi deux problèmes, liés mais différents : les difficultés concernant la relation avec les immigrés, dans notre pays ou les pays développés d’une façon plus générale, et l’idée d’une liberté absolue de circulation et d’installation de tous les êtres humains.

Dans le rapport de nos contemporains à l’immigration, la peur de l’altérité et le refus de la différence sont bien du domaine de l’éducation scolaire, dans la mesure où elle pourrait contrebalancer les préjugés inculqués par la famille et le milieu culturel d’origine. Mais ces difficultés sont aussi du domaine des lois de l’organisation de la société, pour lutter contre la ségrégation sociale, imposer la solidarité et réaliser le mixage culturel.

Enfin pour mettre fin aux difficultés d’intégration sociale des immigrés qui veulent légitimement être jugés sur leur valeur personnelle indépendamment de leur origine, il faut certainement à la fois une éducation fondée sur l’égalité des chances, et des lois d’organisation de la société, d’abord au plan national, puis européen et mondial, pour éviter les ségrégations, dans les domaines économique, sociétal et de l’habitat.

L’idée d’une liberté absolue de circulation me paraît une belle utopie. Mais pour avancer dans sa direction il me semble que la dérèglementation et la suppression des nations et des états ne peut qu’amplifier ce qui a commencé, c'est-à-dire un grand désordre mondial allant vers l’anarchie.

Aucune liberté ne peut s’exercer sans limites, à tout le moins sans encadrement par la loi. Ici la loi est à édifier au plan mondial. Abandonner le projet de maîtriser les flux migratoires et permettre à chacun de s’installer où il veut vivre, conduirait finalement à contester le droit de propriété. Jusqu’où serait-ce légitime ?

Le G8 (ou le G20) peut bien être considéré comme l’embryon d’un gouvernement de la libéralisation économique, mais en ce qui concerne la liberté mondiale des êtres humains, il s’agit surtout de la liberté de faire des affaires, grâce à la circulation des capitaux. On peut en voir les résultats dans deux phénomènes : l’émergence d’une élite mondialisée de privilégiés de la fortune, et la mise en concurrence des travailleurs pauvres.

Le point philosophique majeur, que je retiens, est la nécessité d’une prise de conscience universelle de l’unité de l’espèce et de la nécessité d’aller vers un gouvernement politique mondial. Politique au sens où il devrait porter sur le gouvernement des êtres humains, dans l’intérêt de l’humanité dans son ensemble et pour son avenir, et pas seulement sur la gestion économique.

De mon point de vue, l’avancée dans la direction de l’utopie d’une liberté reconnue à chacun de choisir le lieu où il veut vivre, ne sera possible que par un effort progressif d’éducation et d’organisation au plan mondial, en tenant compte au départ, dans l’unité fondamentale de l’espèce humaine, de la diversité des cultures, des préjugés, et de la diversité de l’organisation des sociétés humaines telle qu’elle est constatable aujourd’hui.

Claude J. DELBOS

 

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