Humanisme et Lumieres

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Humanisme laïque

HUMANISME CHRÉTIEN ET HUMANISME LAÏQUE

 

            À propos d’Humanisme on peut  se poser la question de savoir quelle différence faire entre humanisme chrétien et humanisme laïque ? On pourrait tout d’abord rappeler que la laïcité veut que les règles appliquées à la vie en société, dans l’espace public, soient universellement acceptables et donc indépendantes de toute référence à une religion, tout en laissant à chacun la liberté de pratiquer dans sa vie privée la religion de son choix autant que de n’en pratiquer aucune.

Une réponse sommaire pourrait être que l’humanisme chrétien se fonde sur les enseignements de la religion chrétienne, qui n’est pas celle de tous les hommes, et qu’ainsi dans une république laïque il faudrait accepter autant de conceptions de l’humanisme que de religions pratiquées et y ajouter celles des athées et des agnostiques. Un humanisme Laïque susceptible de servir de règle éthique à la vie en société de tous les êtres humains, quelle que soit leur religion ou qu’ils n’en aient pas, ne doit faire référence à aucune religion, à aucun dogme.

Mais pour répondre plus précisément, je propose les  définitions ci-dessous, inspirées de mon dernier ouvrage « Humanisme, Lumières et Franc-maçonnerie ».

L’humanisme chrétien, apparaît finalement comme une attention bienveillante portée à la condition humaine et aux difficultés de l’homme pour maîtriser sa vie. Il se veut conforme à l’esprit de l’enseignement du Christ traduit par les Évangiles. Il apparaît essentiellement comme une réaction aux excès déshumanisants du scientisme et contre son incarnation politique dans le matérialisme marxiste. Dans cet esprit, il propose la réaffirmation politique d’une conception spiritualiste de l’être humain et le retour à la religion comme lien social, ne concevant pas que le spirituel puisse être une affaire privée.

L’humanisme philosophique issu de la Renaissance, au contraire, a consisté à libérer l’être humain de toute autorité extérieure, fut-elle transcendante, pour faire de l’homme un principe premier donnant sens et valeur à toute chose. Il a eu la prétention, pour la recherche du bonheur de l’être humain dans cette vie, de tout ramener à la dimension humaine et à des valeurs universellement valables pour tout être humain ; en cela il s’est donné une mission civilisatrice.

L’humanisme laïque réaffirme donc le fondement essentiellement humaniste des Lumières et en précise les exigences dans le monde moderne :

- Insister sur l’indissociabilité des trois composantes de la doctrine, que sont : La volonté d’autonomie de l’individu, la finalité humaine qui doit être celle de tous les actes, et l’universalité des principes qui doivent régir la morale publique.

- Rappeler que la « Raison » est la seule source de lumière identifiable par tous les hommes.

Elle est l’argument qui donne à l’être humain sa dignité et lui permet de réfuter les idéologies et les superstitions tendant à le maintenir sous l’autorité de puissances lui déniant le droit d’être lui-même. Mais le recours à la raison, s’il est à la base de l’humanisme comme de toute réflexion philosophique, ne suffit pas. Il faut :

- Définir l’humanisme comme l’attitude éthique prenant pour déterminant de tous les actes, de toutes les réalisations, de toutes les lois, ce qui est bon pour l’être humain, et en même temps bon pour l’humanité dans son ensemble et pour son avenir. Tous les actes doivent avoir une finalité humaine.

Claude J. DELBOS

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